Un dimanche sans match, vous pouvez regarder un documentaire sur Ronaldinho, refaire votre équipe sur console et échanger vos doubles contre la vignette qui manque à votre album. Sur le terrain, personne n’a besoin de jouer. Le football continue pourtant de faire vendre des abonnements, des jeux et des pochettes.

Les producteurs de documentaires, les éditeurs de jeux et les fabricants de cartes travaillent avec des histoires et des héros que vous connaissez déjà. Mais un documentaire, un jeu vidéo, un album sous licence et un jeu en ligne habillé en match ne rapportent ni aux mêmes acteurs ni de la même façon. Votre passion explique ce qui vous attire ; pour savoir qui en tire un revenu, il faut regarder derrière le produit, du côté des contrats.

Une carrière continue de se vendre après le dernier match

Les matchs qui ont fait la gloire de Ronaldinho appartiennent aux archives. Sa trajectoire reste pourtant une matière première pour de nouvelles productions. Sorti sur Netflix le 16 avril 2026, Ronaldinho: The One and Only revient sur sa vie et sa carrière en trois épisodes. Dans son communiqué de mars 2026, Netflix décrit un documentaire associant un accès au joueur, des archives et des entretiens avec des figures du football, notamment Messi, Neymar Jr., Roberto Carlos et Carles Puyol.

Vous connaissez peut-être le résultat de la rencontre dont on vous repasse les images. Vous regardez cette fois pour retrouver une époque, entendre les protagonistes ou découvrir une partie de l’histoire qui vous avait échappé. Le suspense sportif cède la place au plaisir de comprendre comment un joueur est devenu celui que vous avez aimé.

Dans ce même communiqué, Elisa Chalfon, responsable de la non-fiction chez Netflix au Brésil, décrit ainsi ce type de récits :

« Ce sont des histoires nées dans les rues, dans les quartiers, au sein des familles […] » (traduction de l’anglais)

L’intérêt commercial tient à cette familiarité : le public arrive avec ses propres souvenirs de Ronaldinho.

Inclus dans le catalogue de Netflix, ce documentaire peut donner une raison de s’abonner ou de rester abonné. Vous payez l’accès à la plateforme ; Canal Azul et Trailer Films ont coproduit l’œuvre qu’elle diffuse.

Sur console et dans les albums, les noms ont un prix

Sur une console, l’attachement prend une autre forme. Vous voulez retrouver les joueurs que vous suivez, avec le maillot et le stade de leur club. Pour un éditeur, ces repères font partie du produit : ils rendent immédiatement reconnaissable l’équipe que vous avez choisie. Pour les reproduire, il doit réunir plusieurs droits.

FIFPRO, l’organisation mondiale représentant les footballeurs professionnels, indique qu’elle développe des licences collectives des joueurs. Ces accords encadrent l’utilisation de leur nom et de leur image, notamment dans les jeux vidéo et les applications. D’autres accords portent sur les clubs et les compétitions, avec des périmètres qui peuvent se recouper. Le renouvellement du partenariat entre la Premier League et Electronic Arts (EA), annoncé en juillet 2023, couvre notamment la représentation des clubs, des joueurs, des entraîneurs, des stades et des tenues du championnat.

Le changement de nom du jeu de football d’EA illustre cette combinaison de droits. En mai 2022, l’éditeur annonçait que son jeu FIFA deviendrait EA Sports FC et précisait qu’il conservait un ensemble de partenaires et de licences portant sur des joueurs, des équipes et des championnats. Le nom FIFA relevait donc d’un accord, les joueurs et les équipes d’autres licences. Le ballon pouvait continuer à rouler sur console sous un autre titre.

Les albums et cartes à collectionner reposent eux aussi sur des accords précis. En mai 2026, la FIFA a annoncé avec Fanatics un contrat de licence exclusif, dont l’entrée en vigueur complète est prévue en 2031. Il couvre des cartes, des autocollants et des jeux de cartes à collectionner, physiques et numériques. Fanatics Collectibles doit les concevoir et les développer ; ils seront produits sous la marque Topps. Selon une dépêche de Reuters consacrée à cet accord, Panini reste partenaire de la FIFA jusqu’à la Coupe du monde 2030 : un album FIFA acheté aujourd’hui ne relève donc pas encore du nouveau contrat.

Pour la FIFA, l’accord doit apporter des revenus commerciaux : son président, Gianni Infantino, affirme qu’ils sont réinjectés dans le football. Le communiqué ne donne ni le montant de l’accord ni leur répartition.

Des jeux d’argent reprennent les codes du match

Le football possède également un vocabulaire que l’on comprend en quelques secondes. Deux camps s’affrontent, un tableau affiche un score et le match se joue en deux mi-temps. Un concepteur peut reprendre cette mise en scène pour rendre un autre jeu immédiatement lisible.

Cette logique se retrouve dans les catalogues de casino en ligne, comme celui de Carousel : le football fournit un thème à des jeux d’argent pour adultes. L’intérêt commercial tient à cet univers déjà familier. Les équipes, les scores et les mi-temps évoquent le match, même lorsque le résultat dépend de dés et non d’une rencontre réelle.

Le football sert ici d’habillage au produit. C’est un autre usage que celui des jeux vidéo ou des albums qui représentent des joueurs et des équipes sous licence. Le décor sportif ne renseigne pas, à lui seul, sur l’existence d’un accord avec un club ou une compétition.

Qui encaisse quand vous consommez du football ?

Le tableau ci-dessous rapproche trois exemples de produits et une famille de jeux. Ils relèvent de trois modèles : l’œuvre audiovisuelle, les produits sous licence (ici le jeu vidéo et les cartes) et le jeu d’argent.

Le produitCe qui est commercialiséLes entreprises et leurs rôles
Le documentaire RonaldinhoUn abonnement Netflix incluant le documentaireCanal Azul et Trailer Films ont coproduit ; Netflix diffuse dans son catalogue
Le jeu EA Sports FCUn jeu qui représente des joueurs, des équipes et des compétitionsEA édite ; la Premier League accorde des droits de représentation dans le cadre du partenariat renouvelé en 2023
Les cartes et albums FIFADes cartes et autocollants sous licence FIFAPanini reste partenaire FIFA jusqu’à la Coupe du monde 2030, selon Reuters. Ensuite, Fanatics Collectibles concevra et développera les produits, sous la marque Topps.
Les jeux en ligne à thème footballDes jeux d’argent pour adultes utilisant les codes du matchLe concepteur crée le jeu ; l’opérateur du casino le propose dans son catalogue

Les licences des jeux vidéo et des cartes se distinguent des contrats de sponsors de maillot. Une marque qui achète un emplacement sur une tenue recherche une exposition auprès d’un public. Un éditeur ou un fabricant sous licence obtient, lui, des droits pour commercialiser un produit. Un même partenariat peut combiner ces fonctions : la Premier League présente ainsi EA Sports FC à la fois comme partenaire et comme titulaire d’une licence officielle. C’est la ligue qui signe ce partenariat : un produit aux couleurs du football ne finance donc pas automatiquement le club que vous supportez.

Netflix commercialise son abonnement, EA son jeu vidéo et Panini ses albums FIFA ; Fanatics prendra le relais sous la marque Topps. Devant un produit « officiel », consultez l’annonce publique de la FIFA, de la ligue ou de l’éditeur pour voir quelles compétitions ou quels joueurs sont représentés, puis vérifiez le nom du vendeur.