Pour une joueuse de 14 à 18 ans, encadrer une équipe U10-U13 peut être un premier pas vers le banc. La FFF veut offrir cette expérience à 1 000 adolescentes dès la saison 2026-2027. Beaucoup plus loin dans le parcours, l’UEFA autorise certaines fédérations à ouvrir davantage de places dans les formations menant à la licence Pro. Le football féminin agit donc aux deux extrémités du parcours : l’initiation et le plus haut diplôme. Entre les deux viennent l’expérience en club, les formations intermédiaires, le temps disponible et le passage du bénévolat à un poste rémunéré. Les annonces élargissent les possibilités. Elles ne montrent pas encore combien de jeunes éducatrices iront d’une étape à l’autre.

La FFF veut faire entrer 1 000 adolescentes dans le coaching

Nxt Gen Coaches s’adresse aux joueuses de 14 à 18 ans qui ne suivent pas encore de formation et ne possèdent aucun diplôme fédéral. Après deux éditions pilotes menées de 2024 à 2026 dans huit territoires, avec 236 clubs et 627 participantes, la FFF annonce un déploiement national et un financement intégral pour 2026-2027. Son objectif est de former 1 000 jeunes filles dès cette saison, puis au moins autant chaque année. C’est une cible, pas encore un effectif atteint.

Le parcours associe confiance en soi, leadership, prévention des violences sexistes et sexuelles, premiers secours et mise en situation dans les clubs. Il conduit aussi au certificat fédéral d’initiateur U10-U13. La FFF prend la formation en charge, sans coût pour les participantes ni pour les clubs. Chaque jeune doit toutefois être suivie par un tuteur de son club, et sa participation dépend de l’engagement de sa ligue dans le programme.

Le programme peut donc multiplier les premières expériences d’encadrement. Il ne dit pas ce qui se passe après le certificat : combien de participantes continuent à coacher, préparent un autre diplôme ou trouvent un poste.

L’UEFA autorise davantage de places au sommet du cursus

Au sommet du parcours, la Convention 2025 permet à chaque association d’organiser un cours Pro tous les deux ans, pour vingt participants au maximum. Cette possibilité n’oblige aucune fédération à ouvrir une promotion. Jusqu’à la fin de la saison 2029-2030, la circulaire 55/2026 ouvre aussi trois options aux fédérations qui manquent de capacité pour répondre aux besoins des clubs de première division féminine et former davantage d’entraîneures :

PossibilitéPublic et condition attestés
Porter une promotion de 20 à 24 candidatsLes quatre places supplémentaires sont réservées aux entraîneures, qu’elles exercent ou non dans le football féminin, ainsi qu’aux coaches travaillant dans le football féminin.
Organiser un cours Pro supplémentaireDans des circonstances exceptionnelles, au moins 50 % des places reviennent aux coaches travaillant dans le football féminin, avec priorité aux entraîneures.
Organiser un cours commun entre associationsL’approbation de l’UEFA, un accord de partenariat entre les associations et un protocole signé avec l’UEFA sont requis.

En cas de capacité insuffisante, le Panel Jira peut accorder une dérogation à la périodicité ou au plafond après une demande écrite et motivée. Des partenariats entre associations peuvent accompagner cette demande. La règle des 50 % ne constitue pas un quota de femmes : elle concerne les coaches qui travaillent dans le football féminin, hommes ou femmes.

L’UEFA prévoit aussi des calendriers plus souples pour les joueuses professionnelles en activité ou les anciennes joueuses professionnelles, par exemple pendant les fenêtres internationales. Depuis 2016, son programme de développement indique avoir accompagné plus de 3 000 femmes, dont plus de 150 ont obtenu une licence UEFA Pro.

Ces mesures créent plus de possibilités de candidature. Elles ne garantissent ni l’admission, ni le diplôme, ni un emploi.

Le premier certificat ne mène pas directement au football professionnel

Le programme français et le cadre européen ne forment pas les deux étages d’une même formation. Le premier initie des adolescentes à l’encadrement d’équipes U10-U13. Le second concerne des candidates déjà avancées qui visent les exigences du football professionnel. Entre les deux viennent l’expérience en club, les sélections, le temps disponible et les diplômes intermédiaires. Pour candidater à un cours Pro, il faut notamment détenir une licence UEFA A valide et justifier d’au moins un an d’expérience après son obtention, comme entraîneur principal au niveau junior élite ou senior amateur, ou comme adjoint dans le football professionnel.

Sur sa page consultée le 16 septembre 2026, la FFF affichait 43 800 éducateurs et éducatrices licenciés, dont 2 412 femmes. Elle indiquait aussi que 95 % des encadrants étaient bénévoles. Ces chiffres ne sont accompagnés ni d’un millésime ni d’une méthodologie. Ils ne permettent pas de connaître la part de bénévoles parmi les femmes ou parmi les seuls éducateurs licenciés.

Une bonne partie de la suite se joue donc dans les clubs. Nxt Gen Coaches exige déjà un tuteur référent, qui suit au plus trois participantes. La qualité de cet accompagnement, la possibilité de conduire de vraies séances et la continuité après le certificat compteront autant que le nombre d’inscriptions.

En 2029-2030, l’UEFA exigera des staffs plus diplômés

À partir de la saison 2029-2030, l’UEFA relèvera les qualifications minimales dans ses compétitions féminines de clubs. Dans les associations signataires de la Convention des entraîneurs au niveau Pro, le coach principal devra posséder une licence UEFA Pro et son adjoint une licence UEFA A. Dans les autres associations, les minima seront respectivement une licence UEFA A et une licence UEFA B.

Le règlement français contient toutefois une anomalie : l’article 40.02 répète la même condition, alors que la version anglaise distingue les associations signataires ou non au niveau Pro. L’article 63 donne la priorité au texte anglais en cas de divergence, et la circulaire 55/2026 confirme les minima Pro et A. C’est donc cette lecture qui est retenue. La cause de l’erreur française n’est pas établie, et aucun erratum officiel n’est affirmé.

Plus le niveau de diplôme exigé monte, plus la capacité de formation devient décisive. Si le vivier progresse moins vite que les besoins des clubs, les places supplémentaires peuvent rester insuffisantes. Ouvrir les cursus et relever les standards doivent avancer ensemble.

Compter les inscrites ne dira pas si la filière fonctionne

Le nombre de participantes accueillies mesurera l’entrée dans le programme, pas ce qu’elles deviennent ensuite. Quatre indicateurs permettront de suivre le parcours :

  • le nombre de jeunes qui terminent le programme et obtiennent leur certificat ;
  • la part qui encadre encore une équipe un ou deux ans plus tard ;
  • le passage vers les diplômes intermédiaires, puis vers les licences A et Pro ;
  • l’accès à des postes rémunérés dans les clubs amateurs, les centres de formation et les staffs professionnels.

Former 1 000 adolescentes et ouvrir quelques places supplémentaires se comptera vite. Savoir si elles continuent à encadrer, obtiennent d’autres diplômes et accèdent à un poste rémunéré demandera plusieurs années de suivi. C’est là que se verra si une véritable filière existe.